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Le bâtiment zéro énergie : l’école Jean-Louis Marquèze à Limeil-Brévannes

La commune de Limeil-Brévannes avait besoin d’une nouvelle école élémentaire pour environ 350 élèves. L’équipe municipale a opté pour une école respectant l’environnement, afin d’illustrer, sur le terrain, les idées issues de la problématique du développement durable. Pour autant, ce choix politique n’a pas été facile. Il a fallu expliquer et défendre les surcoûts induits, auprès de la population, et, également, auprès de certains élus.

 

L’école « Zéro énergie » était une étape, l’ambition de la municipalité est maintenant de construire sur la même zone un quartier durable de 1 000 logements.

 

Les élus sont rarement des spécialistes des questions énergétiques. Pour Jean-Pascal DELONNE, Maire adjoint aux affaires scolaires de Limeil-Brévannes, « il n’est pas raisonnable que les élus fassent des propositions techniques ». Il convient plutôt de s’entourer de spécialistes et professionnels qui, eux, vont faire des propositions aux élus. Sur cet exemple précis, c’est au fur et à mesure des études et des échanges, que l’option du bâtiment « Zéro énergie » s’est imposée.
 
Ouverte aux élèves depuis novembre 2007, cette école rassemble plusieurs techniques, qui, même si elles ne sont pas nouvelles prises isolément, forment un ensemble innovant. La conception du bâtiment a d’abord privilégié l’isolation, avec la mise en place d’un « manteau extérieur » isolant l’hiver, comme l’été. Un soin spécifique a également été apporté à la luminosité et la chaleur naturelles. La ventilation est de type double flux et le chauffage provient d’une pompe à chaleur (échanges thermiques avec la nappe phréatique). L’eau chaude sanitaire est fournie par les capteurs solaires installés en terrasse et des panneaux photovoltaïques, notamment intégrés en façade, produisent de l’électricité.
 
Comme l’a rappelé Benjamin GIRON, Chef de Projet chez AURIS, qui assuré la maîtrise d’ouvrage déléguée, la principale caractéristique de ce projet était la force du programme. En effet, dès le départ, un bureau d’études HQE® a été associé à l’équipe de programmistes et a proposé neuf scénarios, allant jusqu’au bâtiment « Zéro énergie ».

En plus du programme classique, des objectifs ont été chiffrés pour les principaux postes de consommation (chauffage, ventilation et éclairage) et associés à des solutions techniques. Un autre point fort du programme a consisté à limiter les besoins en chauffage et éclairage. Une enveloppe très isolante a donc été retenue, afin de limiter les déperditions. Concernant la luminosité, la façade principale, orientée Sud / Sud-Est, dispose de grands châssis triple vitrage sur ossature bois (cf. photo). Ce dispositif laisse passer la lumière, tout en limitant la déperdition de chaleur. Cela a cependant représenté une grosse difficulté au moment du montage de l’opération, car une seule société, basée à Dunkerque, a accepté de se lancer dans les travaux, hors avis technique. En Allemagne, et dans d’autres pays européens, ces produits sont pourtant posés couramment. Pour Benjamin GIRON, Chef de Projet chez AURIS, la principale difficulté de ce projet a consisté à trouver des partenaires qui acceptent de relever les défis.
Le bâtiment consomme 22 kWh/m2/an, soit environ trois fois moins qu’un projet classique. Pour arriver au « Zéro énergie », et compenser cette consommation, de l’électricité est produite directement sur le site. Afin de pouvoir bénéficier de la prime à l’intégration des installations solaires (soit + 25 c /kWh par rapport aux 30 c /kWh de base), 200 m2 de capteurs ont été installés en façade et environ 400 m2 sur les préaux (deuxième étage et maternelle). Une surface de 200 m2 est encore disponible. Elle devrait être équipée de panneaux solaires d’ici 2009, afin que le bâtiment devienne à énergie positive, avec un excédent en énergie d’environ 22 %).
 
Cette opération représentait un double challenge. D’une part, il s’agissait de réaliser le premier bâtiment public « Zéro énergie » en France et, d’autre part le bâtiment devait pouvoir accueillir les élèves dès la rentrée 2007/2008. Les crédits ont été votés par le Conseil municipal au mois de mai 2005 et l’école a été ouverte en novembre 2007. Une année a été consacrée aux études et une autre aux travaux. Le rythme a donc été très soutenu et les délais n’ont pu être tenus que grâce à l’implication de l’ensemble des prestataires : entreprises, maîtrise d’œuvre, services techniques de la ville.
 
Les démarches administratives ont été plus délicates. Mi mai, l’installation photovoltaïque était physiquement reliée au réseau, mais il manquait toujours la signature du contrat d’achat d’électricité entre EDF et la ville de Limeil-Brévannes. L’ensemble de ces démarches administratives a été perçu comme « inhabituel » pour le maître d’ouvrage délégué. Pour Benjamin GIRON, il manque chez EDF un intermédiaire qui puisse centraliser les différentes informations, notamment entre les services de maîtrise d’ouvrage et de maîtrise d’oeuvre.

 

Trois démarches doivent être menées en parallèle : s’assurer que le réseau est correctement dimensionné pour recevoir la production de l’installation solaire, obtenir le certificat d’achat auprès de la DRIRE et établir le contrat d’achat avec EDF.


Le surcoût de cette construction est aujourd’hui confirmé et s’élève à 20 % par rapport à une école standard.
Le montant total de l’opération est de 5,17 M. La réalisation sur le même site d’un projet classique respectant simplement la RT 2005 (Réglementation Thermique) aurait coûté 1 500 /m2, contre 1 852 /m2 pour le bâtiment « Zéro énergie ». En incluant les honoraires, le coût total de cette opération est de 2 000 /m2. Parmi les gros postes de ce budget, les panneaux photovoltaïques représentent 500 000 euros pour 800 /m2. Concernant le calcul du temps de retour sur investissement, la maîtrise d’ouvrage déléguée s’est basée sur une augmentation du prix de l’énergie de 5 % par an. Avec cette hypothèse, plutôt basse compte tenu du contexte, le surcoût de l’opération est amorti en 17 ans.
 
Ainsi que l’a souligné Jean-Pascal DELONNE, Maire adjoint aux affaires scolaires de Limeil-Brévannes, au-delà de l’aspect conception, l’aspect utilisation du bâtiment est également primordiale. Après un peu moins d’une année scolaire de recul, il apparaît évident qu’une éducation à l’usage du bâtiment doit être réalisée. Ceci, aussi bien auprès des élèves, que des enseignants et des personnels communaux. Dans cette optique, des réunions sont organisées, afin de modifier les comportements des consommateurs. Il convient maintenant d’inscrire les autres écoles de la ville dans cette démarche pédagogique.

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 16/05/2012